Déjouer les sirènes et naviguer sur Odysseus pour rejoindre Ithaque le moment venu.

    Rideaux tirés, commandes annulées, chômage partiel, retards de chantiers, usines à l'arrêt, bureaux fermés. Nous sommes nombreux, dirigeants, artisans, cadres, commerçants et indépendants, à avoir dû prendre des décisions, que nous n’aurions jamais envisagées le mois passé.

     

    Chaque nouvelle lame de cette odyssée venue d'Orient, nous rappelle En bonds compulsifs, Le long des récifs, que Chaque orage, Va, vient, luit et clame, ses propres messages, Et qu'au firmament, Où l'ouragan erre, Rugit le tonnerre, Formidablement.

     

    Assis,debout, allongés, nous observons le ciel. 

    Nous scrutons l’horizon, attendant un signe avant coureur d’une prochaine terre en vue. 

     

    A terre ou en mer,

    Avec ou sans boussole,

    A quand le cri des mouettes

    Annonçant la fin de l’odyssée ?

     

    Faire confiance au fil d’Ariane de nos intuitions

    Pour sortir du labyrinthe

    B- Ariane et Thésée, Michael Fiodorov, Mythes et Légendes du monde entier, 1999

    B- Ariane et Thésée, Michael Fiodorov, Mythes et Légendes du monde entier, 1999 

     

    Bureaux fermés, rideaux tirés, portes closes. 

    Beaucoup d’entre nous ont déjà, d’un seul coup, perdu le gain de cent parties. 

     

    Dans l’arrière boutique des commerces de nos quartiers,

    Derrière le rideau métallique des entreprises familiales, artisanales et industrielles de nos régions,

    A l’extérieur des bureaux fermés des cabinets dont nous chérissons l’indépendance, 

    Déjà, sans un mot et sans un soupir, plusieurs se mettent à rebâtir.

     

    Nous sommes ainsi nombreux à arpenter le labyrinthe de cette nouvelle donne.

    A remonter le fil d’Ariane de nos intuitions

    Arbitrant, décidant, réglant Zoom en haute résolution,

    Avec pour seules boussoles nos yeux, notre raison, notre nez, nos tripes et notre instinct.

     

    En visio, proche des nôtres,

    En bateau loin des yeux, 

    A terre le coeur à l’ouvrage,

    Pas le choix, l’odyssée se poursuit.

     

    S’accrocher aux mâts de nos entreprises

    Pour ne pas succomber aux sirènes

    C-Ulysse et les sirènes, Gildas Flahault

    C-Ulysse et les sirènes, Gildas Flahault

     

    Avis de grand frais ! 

    Chiffre d’affaire en baisse, commandes décalées, chantiers à l’arrêt, bureaux fermés.

     

    Comme le calme avant la tempête, la trésorerie de nos entreprises tient (encore) le coup à renfort de reports, d’aides et économies.

     

    Tel Ulysse, demandant à son équipage de se boucher les oreilles avec de la cire leur évitant ainsi le chant des sirènes, nous restons à l'affût des signes annonciateurs.  

     

    Accrochés aux mâts de nos entreprises, nous prenons garde de ne pas céder aux sirènes, incapables pour autant d’en détourner le regard.

     

    Attirés par le chant des sirènes, en viendrons-nous comme Ulysse, à supplier nos clients, employeurs et actionnaires de dénouer nos liens ?

     

    En haut du mas, le nez au vent,

    Guettant Ithaque ou la terre prochaine,

    Les yeux dans la brume,  

    Pas le choix l’odyssée se poursuit 

     

    S’inspirer des qualités d’Ulysse 

    Pour retrouver ensemble le chemin d’Ithaque

    Sirènes – Ulysse (1980), Yannis Gaïtis, Galerie Nationale de Grèce

    Sirènes – Ulysse (1980), Yannis Gaïtis, Galerie Nationale de Grèce

     

    Demander à nos collaborateurs de rester chez eux, 

    Leur figurer l’utilité de continuer le travail,

    Les inviter à se protéger des embruns...

     

    Que nous ayons créé, repris ou transmis nos entreprises, que nous les dirigions, ou ayions simplement choisi d’y embarquer, pas le choix, nous sommes tous à bord.

     

    • Trouver les mots pour embarquer nos équipiers 
    • Ruser pour parvenir ensemble à prendre Troie 
    • Faire preuve de courage pour rentrer à bon port et revoir Ithaque.

     

    Autant de qualités que nous donne à voir Ulysse, dont la figure semble soudain se rappeler à nous, navigant lui aussi d’une rive à l’autre, sur des flots incertains en pleine Méditerranée.

     

    A babord depuis chez soi,

    A tribord en pleine mer,

    Chacun son poste, tous sur le pont,

    Pas le choix, l’Odyssée se construit.

     

    A la maison ou en poste, sur le terrain ou en activité partielle 

    Combien d’étapes avant de rejoindre le port d’Ithaque?

    Le Retour d’Ulysse (1968), Giorgio de Chirico, Rome

    Le Retour d’Ulysse (1968), Giorgio de Chirico, Rome

     

    “Heureux qui comme Ulysse

    A retrouvé

    Après maintes traversées

    Le pays des vertes allées”

     

    Tel Ulysse, nous naviguons depuis notre salon face au courant.

     

    Telle Hélène, nous guettons sur la grève le retour d’Ulysse.

     

    “Quand reverrai-je, hélas

    De mon petit village

    Fumer la cheminée, 

    Et en quelle saison ?”

     

    Par Nicolas Lanchou

     

    Tirés de mon baluchon …

    Ils m’ont inspirés pour figurer les termes de cette odyssée  :

     

    1. Marine, extrait des Poèmes saturniens (1823), Paul Verlaine
    2. Tu seras un homme mon fils, de Rudyard Kipling (1910) à son fils John, alors âgé de 13 ans
    3. L'Iliade et l'Odyssée, Homère, VIII siècle av. J.-C
    4. Heureux qui comme ulysse, poème extrait des Regrets (1558), Joachim Du Bellay

     

    Exfiltrés de leurs musées par Google ...

    Ils m’ont permis d’illustrer les propos de cet article  :

    Ulysse et les Sirènes (1974), Lithographie de Marc Chagall, illustrée par André Dacier, BnF

    1. Ulysse et les sirènes, Picasso, 1947, Musée d’Antibes
    2. Ariane et Thésée, Michael Fiodorov, Mythes et Légendes du monde entier, 1999
    3. Ulysse et les sirènes, Gildas Flahault
    4. Sirènes – Ulysse (1980), Yannis Gaïtis, Galerie Nationale de Grèce
    5. Le Retour d’Ulysse (1968), Giorgio de Chirico, Rome
    6. Ulysse et les Sirènes (1974), Lithographie de Marc Chagall, illustrée par André Dacier, BnF

     

    Reçus la semaine passée sur le blog suite à la publication de notre article UN ANGE PASSE LOIN LÀ-BAS, AU FIN FOND DU CIEL BRETON DE NOS ÂMES”:

    Vos messages nous donnent des ailes :

     

    “Je vois souvent cet Ange…qui disparaît quand je me renferme. Merci pour cette invitation poétique à garder les yeux ouverts avec l’émerveillement du « regard du débutant » sur cet Ange.” (Catherine)

     

    “Je souhaite que la communication du cabinet poursuive dans cette lancée (pourvu que les lecteurs vous encouragent dans cette direction !) à la fois originale et puissante.” (Yves)

    “Merci. De vous, je perçois au delà de la poésie de la bienveillance, de l’humilité et de l’empathie”. (Anne-Isabelle)

    2 Comments
    • Agnes

      Beaucoup de plaisir à te lire et à embarquer avec Ulysse hors de mes murs! Merci Nicolas

      avril 21, 2020
    • Thierry

      Magique ! Rêves éveillés , me portent dans les nuages , où règnent aussi les éclairs et le tonnerre… Tête dans les étoiles, nous traversons les Lyrides, émerveillement, tout nous parle d’essentiel et de liberté.

      avril 21, 2020

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